Par Laura PALIERNE Consultante RP & Influence
À l’heure où les récits touristiques se renouvellent, les relations entre journalistes et attachés de presse évoluent elles aussi. Menée avec ADN Tourisme auprès de 105 journalistes spécialisés tourisme, notre enquête met en lumière des attentes très concrètes : des échanges plus cadrés, des contenus plus justes et des formats plus adaptés aux réalités des rédactions. Au fond, elle rappelle une chose essentielle : en tourisme, une bonne relation presse ne repose pas seulement sur la diffusion d’une information, mais sur la manière dont elle est pensée, adressée et incarnée.
Des fondamentaux qui restent solides, avec une exigence accrue sur le timing et la qualité des échanges
Premier enseignement de l’enquête : les journalistes tourisme restent attachés à des repères clairs. L’email demeure très largement le canal de contact privilégié, loin devant le téléphone, les SMS, WhatsApp ou les réseaux sociaux. De la même façon, le dossier de presse conserve une place centrale dans leur travail : près des deux tiers le jugent indispensable, tandis qu’une part importante des répondants continue de le considérer comme pertinent selon les sujets.
Mais cette stabilité des usages ne signifie pas que les attentes soient figées. Elle traduit au contraire une demande de plus en plus nette pour des contenus structurés, lisibles et réellement exploitables. Les journalistes ne cherchent pas seulement à recevoir de l’information : ils attendent des éléments déjà pensés pour nourrir un angle, éclairer un sujet ou faciliter la mise en récit d’une destination.
Cette exigence s’exprime aussi très fortement dans le rapport au temps. La majorité des journalistes interrogés souhaitent être informés entre un et six mois en amont, avec une préférence marquée pour un délai de trois à six mois. Pour les voyages de presse, le besoin d’anticipation est tout aussi clair : deux à trois mois apparaissent comme le bon tempo pour envisager sereinement une participation.
En résumé, le message est simple : la qualité d’une relation presse dans le milieu touristique se joue aussi dans sa capacité à respecter le temps éditorial. Une information pertinente, arrivée trop tard, perd une grande partie de sa valeur.
Des sujets plus incarnés, plus qualitatifs, plus en phase avec les nouveaux récits du tourisme
L’enquête montre également une évolution très nette des angles qui donnent envie aux journalistes de traiter une destination. Le patrimoine et la culture arrivent en tête des thématiques les plus citées, suivis par la nature, les expériences immersives et la gastronomie. À l’inverse, la logique du « bon plan » mobilise nettement moins.
Ce glissement n’a rien d’anecdotique. Il dit beaucoup de la manière dont le tourisme se raconte aujourd’hui. Ce que recherchent les journalistes, ce ne sont plus seulement des informations sur une destination, mais des histoires, des preuves d’ancrage, des expériences à hauteur d’homme. Les sujets qui retiennent l’attention sont ceux qui révèlent une identité, une atmosphère, une manière d’habiter un territoire ou de le faire découvrir autrement.
Les grandes tendances projetées pour 2026 confirment ce mouvement. Retour à la nature et au plein air, montée en puissance des enjeux d’éco-responsabilité, attrait pour le slow tourisme, recherche de proximité et d’authenticité : les attentes éditoriales rejoignent ici des aspirations plus larges, à la fois sociétales et culturelles. Patrimoine, culture, immersion et sens composent désormais un socle de plus en plus structurant dans le regard porté sur les destinations.
Pour les acteurs du tourisme, l’enjeu est donc moins de “promouvoir” que de proposer des récits justes, incarnés et différenciants.
Des relations presse plus efficaces quand elles s’adaptent vraiment aux contraintes des rédactions
Le troisième enseignement de l’étude concerne la manière même d’organiser la relation. Les journalistes expriment une préférence marquée pour des formats souples : plus de la moitié privilégient des accueils presse modulables, à ajuster selon le sujet, tandis qu’une part importante valorise les accueils individuels. Les formats trop standardisés apparaissent moins en phase avec leurs besoins.
La disponibilité des journalistes pour les accueils presse obéit par ailleurs à une saisonnalité assez nette. Le printemps et le début de l’automne ressortent comme les périodes les plus favorables pour organiser des voyages de presse ou des accueils, tandis que certains jours de fin de semaine semblent plus compatibles avec leurs contraintes professionnelles.
Au-delà de ces données pratiques, les réponses ouvertes disent quelque chose de plus profond sur la relation attendue avec les attachés de presse. Confiance, réactivité, efficacité, écoute, pertinence, compréhension : ces mots reviennent avec insistance et dessinent une attente à la fois professionnelle et humaine. Une bonne relation presse n’est pas seulement une relation bien organisée ; c’est une relation dans laquelle le journaliste se sent compris, respecté dans ses contraintes et sollicité avec justesse.
C’est sans doute là que se situe l’enseignement le plus utile de cette enquête : les fondamentaux du métier demeurent, mais leur efficacité dépend plus que jamais de la capacité à personnaliser l’approche, à anticiper les besoins et à construire une proposition éditoriale réellement alignée avec les attentes des rédactions.
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Article rédigé par :
Emma Lemonnier
Consultante RP & Influence

